Bruxelles, le 3 mars 2010
La CGSLB veut un « moratoire » sur les licenciements collectifs. Chaquelicenciement doit être motivé !
Opel, InBev, Carrefour… pour ne citer que les grosses entreprises, font laune des informations dans les médiasA côté, combien de sociétés, moins visibles, licencient un, deux, trois,cent travailleurs sans susciter la même indignation nationale ? Ce sont desdizaines de milliers d’emplois qui disparaissent petit à petit. Pour chaquepersonne licenciée, que ce soit dans le cadre d’une fermeture qui concerne3 000 personnes ou parce qu’un patron de PME licencie son unique salarié,c’est un drame personnel et familial.
Le licenciement est devenu un mode de gestion de l’entreprise en faveur desactionnaires et au détriment des travailleurs. Bien sûr il y a desentreprises qui souffrent de la crise économique. Pour elles, laréglementation sociale belge recèle suffisamment de mesures permettant delimiter la masse salariale en attendant la reprise des affaires : chômagetemporaire des ouvriers, chômage temporaire des employés, crédit-temps decrise, réduction collective du temps de travail… A côté il y desentreprises qui réalisent de beaux profits dont les patrons sont chargésd’opérer des coupes sombres dans le personnel pour réaliser des profitsplus importants encore… à très court terme.
Développement durable et socialC’est une vision du monde totalement dépassée qui nous mène tout droit dansle mur. Aujourd’hui, toute personne sensée admet que notre manière deproduire et de consommer doit s’inscrire dans le grand mouvement dudéveloppement durable.La limitation des émissions de CO2 impose immanquablement desinvestissements. Qu’en est-il des entreprises qui rejettent… leurstravailleurs ? La préservation d’un climat social favorable réclame autantd’attention que celle du climat atmosphérique.
Faire fructifier le capital humainDepuis quelques années, les entreprises détruisent leur capital humainaussi sûrement que les produits bancaires toxiques ont fait disparaître ducapital financier. A long terme cela n’est pas tenable. Pour produire desbiens et des services, une entreprise doit investir dans son capitalhumain, notamment par la formation.Se procurer, développer et entretenir un savoir-faire contribue plussûrement à sa rentabilité à moyen et long terme que faire monter le coursde ses actions par des annonces de licenciements. Un mauvais climat socialentraîne la démotivation des travailleurs qui ne comprennent plus pourquoiils devraient consacrer toute leur énergie à une entreprise qui ne lesconsidère que comme un coût excessif, voire inutile.
Un « moratoire » de 6 moisQuand la reprise économique se fera sentir les entreprises qui ont «dégraissé » au-delà du raisonnable devront consentir de gros efforts pourreconstituer l’effectif des travailleurs et le savoir-faire perdus.C’est pourquoi la CGSLB veut un véritable « moratoire » d’une durée de sixmois sur les licenciements collectifs, c’est-à-dire le temps estimé de larécession.Les entreprises qui éprouvent réellement des difficultés à cause de lacrise peuvent recourir aux mesures spécifiques (chômage temporaire desouvriers, chômage temporaire des employés, crédit-temps de crise, réductioncollective du temps de travail). Les autres entreprises ont le devoird’assumer leur responsabilité sociétale. Nous n’admettons pas que destravailleurs soient licenciés pour réaliser des objectifs purementfinanciers qui, de plus, vont à l’encontre de l’intérêt général.
Motivation de chaque licenciementLa CGSLB estime que chaque travailleur a le droit de savoir pourquoi il estlicencié et d’être entendu avant toute décision. « C’est une question derespect entre les parties signataires du contrat de travail et une manièred’éviter les licenciements arbitraires » précise Jan Vercamst, Président dela CGSLB.Il existe bien une motivation a posteriori en cas de licenciement abusif.Un ouvrier peut contester son licenciement s’il l’estime injustifié par desmotifs économiques liés à l’entreprise ou personnels liés à soncomportement. Pour un employé, la situation est différente. Il peutcontester un licenciement arbitraire sur la base du droit commun lorsqu’ilprouve un réel préjudice que ne compense pas le paiement du préavis. Cetteprocédure aboutit rarement à une issue favorable dans la pratique. La CGSLBpense que cette obligation de motivation doit être étendue et que le motifdu licenciement ne doit pas seulement faire l’objet d’un contrôle par lebiais du licenciement abusif ou de l’abus du droit de licencier.
Olivier ValentinConseiller général
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire