lundi 22 novembre 2010

Intermarché : conflit de générations au pays des Mousquetaires

La succession imminente à la tête du groupe s'annonce houleuse. Les quadras dénoncent les méthodes de la vieille garde, tandis que des adhérents claquent la porte.

Intermarché : conflit de générations au pays des Mousquetaires

Michel-Edouard Leclerc en rit sous cape. Depuis quelques mois, l'épicier de Landerneau voit venir à lui une flopée de Mousquetaires, sans même bouger le petit doigt. En septembre dernier, c'est le poids lourd Philippe Boutron, propriétaire de six magasins Intermarché dans le Loiret, qui a rallié son panache.

Avant lui, Christian Cabiron, patron d'un gros supermarché à Millau, avait déjà claqué la porte pour les beaux yeux du Breton. Et ces défections pourraient en préfigurer d'autres. Tout dépendra de l'élection du prochain patron d'Intermarché, appelé à remplacer, début 2011, l'actuel président, Michel Pattou. «Si c'est son protégé Philippe Lebreton, je pars», promet d'ores et déjà un gérant de magasin.

Un adhérent qui n'est pas seul à brandir cette menace. Car, derrière cette passation de pouvoir, se cache un conflit de générations au sein du troisième distributeur français. D'un côté, les héritiers de feu Jean-Pierre Le Roch, fondateur des Mousquetaires ; Philippe Lebreton, donc ; mais aussi d'autres administrateurs comme Benoît Ferté ou Jean-Pierre Meunier, réunis autour de Michel Pattou. En face, une vingtaine de quadragénaires, des dirigeants d'hyper qui réclament une réforme profonde de leur groupement. Le nom de leur association ? D'Artagnan, forcément.

Parmi ces intrépides prêts à croiser le fer figurent Pascal Baud, Philippe Lavalard ou Thierry Sence, tous emmenés par Eric Mozas, un Nordiste réputé pour son impétuosité. En témoigne son départ fracassant, fin 2009, de la direction d'ITM Alimentaire (qui coiffe Intermarché, Netto et Ecomarché). «Il voulait moderniser trop vite au goût de la vieille garde», analyse Olivier Dauvers, spécialiste de la distribution.

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